Mon adolescence !

    J'ai entrée au foyer de charité le 12 avril 1967 parce que je voulais apprendre à lire, la responsable des classes voulait que je commence seulement en septembre mais j'ai fait comprendre que si j'étais entrée là c'était pour aller à l'école; une journée au Foyer c'était: Lever vers 6h30 pour la messe à 7h00 et les filles étaient en robe de chambre; ensuite le déjeuner chacun sur notre étage parce que les filles et les gars étaient séparés, après le déjeuner ils nous faisaient notre petite toilette et encore là c'était des femmes qui s'occupaient des filles et des hommes pour les garçons; à 9h00 les classes commençaient jusqu'à 10h30 et à 11h00  c'était le premier chapelet suivi du dîner vers 11h45, ensuite c'était la sièste jusqu'à vers 13h45 parce que les classes recommençaient à 14h00, c'est sûr on avait un petit 15 minutes dans l'après-midi de libre, elles finissaient autour de 16h30; ensuite  c'était le deuxième chapelet de la journée suivi du souper, après on pouvait faire ce qu'on voulait cependant on avait pas grand choix parce que dans les premières années que j'étais là on avait pas de télévision ni de radio et de téléphone dans notre chambre, il y avait un grand tableau au premier ou une personne mettait des découpures de journaux qu'elle choisissait parce qu'on avait pas le droit de lire plusieurs sujets; à19h00 c'était le troisième chapelet et un peu plus long car bien des fois après notre Abbé nous faisait un petit sermon, vers 21h00 on était tous coucher.

    Notre habillement c'était des robes et des jupes avec toujours des petites manches, des bas culottes et des camisoles sous notre chandail ou blouse même l'été je vous dis que c'était chaud mais une chance qu'on avait un beau parc en arrière avec des gros arbres, moi l'été j'étais presque toujours dehors avec un livre car on avait rien d'autre à faire à part quelques sorties en groupe, elles étaient la plus part éducatifs et de caractère pieux, ok c'était bien mais pour des adolescents on aurait aimé avoir un peu plus de fun.

    Les fêtes surtout à Noel on était obligé de partir seulement dans la journée du 25, parce qu'ils disaient que la messe de Minuit et le réveillon ça se vivait en famille, mes parents qui était à Sept-Îles, ils auraient bien aimé me faire descendre le 24, mais ils pouvaient pas alors je prenais l'avion tôt le 26 pour juste une semaine, au moins je commençais l'année avec ma famille; j'ai déjà vu une année ma grand maman avait donnée son dîner de Noel seulement le 27 parce qu'elle voulait que je sois là.

    Comment on vivait? Seulement de charité et sur le bénévolat,  personne était payer ni recevait de l'argent du gouvernement, s'il y avait une, bien elle devait quitter le foyer même les résidents on avait absolument rien du gouvernement, les préposés c'était des personnes comme vous et moi.  

    Vers 1993 un petit groupe dont moi, on a été aux droits de la personne parce qu'on voulait avoir des vrais préposés mais une personne n'a jamais voulu rien entendre de ça et les deux personnes du bureau des droits de la personne sont venues visiter à l'été 1993 et ils ont nommé un travailleur social pour s'occuper de nous et on a commencé à avoir notre argent et 6  préposés payer, le 10  janvier au soir j'ai entendu entre les branches que ça fermait et on avait que 6 mois pour se trouver un autre Centre; c'était pas un cadeau la dernière année parce que tout le monde vivait à sa façon cette fermeture, mes parents ont été obligés de venir au moins au trois mois me chercher pour quelques jours à Granby car je pleurais souvent parce qu'ils disaient des choses méchantes sur ceux qui était allés au bureau des droits de la personne et ça sans savoir qui alors je me sentais toujours visée et avec raison.

    Deux semaines avant que ça ferme 6 résidents avaient pas une place, tout-à-coup je vois un article sur Jacques Viger sur le tableau des nouvelles, je suis allée tout de suite le dire au travailleur social qui a appelé le jour même car c'était urgent.

     Voici ma jeunesse, cependant il y avait des bons moments mais très rare, on était toujours ensembles et ça venait fatigant à la longue; il fallait pas s'attacher à des bénévoles particulier parce que c'était tout en commun cependant il y avait deux femmes qui étaient toujours ensembles, ou était l'erreur? En plus il y avait tout sortes d'handicap aussi bien des handicapés intellectuels que des handicapés physiques, alors c'était bien plus difficile à vivre, notre chambre était jamais barrée.